Le 27 mars dernier, plus de 50 personnes ont participé à la conférence de Lise Michaud, mairesse de la Ville de Mercier, portant sur les enjeux reliés à l’historique et aux impacts de la contamination des lagunes ainsi que de l’exploitation de sablières sur le territoire. La catastrophe environnementale des lagunes remonte à la fin des années 1960 et constitue toujours un grave problème sur une partie du territoire. Ces déversements d’huiles usées et d’autres produits toxiques dans une sablière en fin d’exploitation avaient été autorisés par le gouvernement du Québec.
Ces déversements sont la cause d’une des plus grandes catastrophes environnementales en Amérique du Nord pour une nappe d’eau souterraine.
« Cette contamination est la raison pourquoi notre municipalité doit être desservie en eau potable par la Ville de Châteauguay depuis le début des années 1980 », a rappelé la mairesse de Mercier, Lise Michaud.
À l’époque, le gouvernement du Québec avait reconnu la particularité de la situation et avait assumé 80 % des coûts de construction du réseau de transport de l’eau potable à partir de Châteauguay.
« Malheureusement, 40 ans plus tard, une bonne portion de ces installations de transport sont en fin de vie utile, mais aujourd’hui, le gouvernement refuse de reconnaitre la particularité de la situation et laisse ce fardeau financier à la charge des contribuables des municipalités touchées par les impacts de cette contamination », a déploré la mairesse de Mercier.
De nouvelles menaces environnementales
En plus d’assumer les impacts financiers de la contamination des lagunes, les citoyens de Mercier ont également l’obligation d’assumer les coûts pour empêcher l’implantation d’une carrière avec dynamitage sur le territoire. Après plusieurs années d’efforts, la Ville de Mercier a convaincu la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) et plusieurs autres tribunaux de ne pas autoriser une telle exploitation sur le territoire.
Depuis plusieurs années, la Ville de Mercier est également aux prises avec l’importation de sols contaminés dans des sablières et sur des terres agricoles.
« L’importance de toujours être à l’affût pour intercepter ces camions avant tout déversement entraine d’immenses impacts opérationnels et financiers pour une petite municipalité comme Mercier », a expliqué Lise Michaud.
La Ville de Mercier a donc déboursé plus de 2 millions de dollars depuis 2014 pour assurer la protection de l’environnement. Cette somme n’inclut pas le coût en ressources humaines des employés de la Ville de Mercier qui ont travaillé sur ces dossiers, ce qui représente des dépenses supplémentaires annuelles plus de 150 000 $.
« Cela ne tient même pas compte des coûts pour la mise à jour des infrastructures du réseau de transport de l’eau potable qui nous a été imposée en raison de la contamination des lagunes, qui remonte à la fin des années 1960 », a précisé la mairesse de Mercier.
Implication et vigilance citoyennes
Étant donné qu’il est impossible, tant opérationnellement que financièrement, d’avoir un inspecteur en environnement présent 24 heures par jour, 7 jours par semaine sur le territoire de la Ville de Mercier et que la protection de l’environnement est l’affaire de toutes et tous, la Ville de Mercier sollicite l’implication et la vigilance citoyennes pour l’aider à prévenir une autre catastrophe environnementale sur le territoire.